Quand on s'attends toujours au pire

"à quoi bon ...", "je n'y arriverai jamais ....", "je sens déjà que ça n'ira pas " et toutes ces petites phrases qu'on croit insignifiantes et qui pourtant sont des facteurs de risque anxiogènes. Et la vie peut alors vite devenir infernale à force d'anticiper le pire. Pour Jules Renard la prudence n'est que l'euphémisme de la peur. En effet, la prudence a ceci en commun avec la peur: elles ont le pouvoir de réveiller des angoisses qui nous empêchent de vivre sereinement.

Regardons de plus près quelles pourraient être les causes possibles ?

Les sources d'informations polluantes

Les médias s'en soucient peu mais quand ils diffusent des "mauvaises nouvelles" du genre catastrophe, maladie, attentats, ... c'est à l'inquiet qui sommeille en nous qu'ils s'adressent directement. Faire preuve de distance à ce moment peut semblés aux yeux des hyper anxieux pour de l'insouciance. Mais alors, pourquoi tout le monde ne réagit-il pas pareil face aux actualités négatives? Simplement parce que nous avons tous un niveau d'angoisses personnelles différent. Par exemple, la personne qui négligent de payer ses factures sera plus sensible aux infos concernant le chômage et les difficultés économiques qu'un bon payeur. L'info peut résonner en lui comme une injustice ou déclencher de la haine, de la colère ou de la tristesse, ce qui le paralyse davantage.L'addiction aux mauvaises nouvelles peut révéler une fascination pour ce qu'on redoute le plus.

L'enfant qui sommeille en nous a peur

Selon l'analyse transactionnelle, c'est bien souvent l'enfant intérieur qui a peur. Le fait d'anticiper les difficultés peut provenir d'une habitude dans l'enfance à endurer certaines épreuves (maltraitance physique ou morale, souffrance des parents, difficultés sociales, ...). Devenu adulte, il garde une trace des difficultés et pensent qu'en anticipant le pire, il se prépare correctement. en fait, il ne fait rien d'autre que restituer la quantité d'angoisse, trop importante, absorbées par le passé. Concrètement, il ne peut plus vivre dans le présent, les craintes du passé le maintienne dans " l'ailleurs et l'autrefois" au lieu de profiter de " l'ici et maintenant".Quand on fini par croire que le bonheur se paye toujours d'un malheur, on se limite et on fait du sur place. Rendre cette réflexion concrète en l'illustrant d'exemple de sa propre vie permet une prise de conscience. De nouvelles pistes peuvent alors être explorées.

L'auto-sabotage

On pourrait dire que s'attendre au pire c'est faire preuve de prudence, ou pas ... Dans ma version, il s'agit plutôt de croire qu'on ne mérite pas mieux, qu'on n'a pas le droit au bonheur pour telle ou telle raison (ici encore souvent en rapport avec une peur de l'enfant intérieur). Alors on freine, comme lorsqu'on est en voiture et qu'on conduit à 90km/h sur autoroute parce que c'est dangereux, puis il y a beaucoup de chauffards, sans parler du nombre de morts par an. Or cet anticipation négative multiplie les craintes et affaibli les ressources. L'anxieux qui s'attend au pire vit donc étroitement, sans richesses ni reconnaissance, ce qui le conforte dans son pessimisme.

Des pistes pour vivre mieux ....

1. Comprendre ses peurs pour ensuite les accepter

Reconnaître qu'on est en souffrance dans une certaine situation est la première des démarches à entreprendre. Acceptez le reflet du miroir est nécessaire pour reconnaître l'état insatisfaisant et du coup, déterminer un objectif puis mettre en place un plan d'action pour l'atteindre.On est tous humains donc avec des faiblesses et des imperfections, l'essentiel est de voir clair en soi, de mettre à jour les mécanismes qui entrainent la peur, la crainte ou l'angoisse.

2. Dopez votre confiance

Une bonne confiance contribue à une meilleur estime et donc à plus de joie de vivre. C'est comme lorsque vous avez appris les math à l'école, on commence par des choses faciles comme 1+1=2 puis avec le temps on en arrive à X= (a+2)xb². Commencez par vous lancer des petits défis facilement atteignables pour augmenter le niveau au fur et à mesure jusqu'à avoir rempli votre bulle de confiance en vous. C'est en se donnant les moyens d'avancer qu'on évolue, qu'on grandit.

3. Rassurez l'enfant qui est en soi

Demain Sophie (10 ans) part en vacances avec ses parents. Ils s'envolent pour le soleil de Tunisie. Au JT, un reportage montre les images chocs d'un accident d'avion qui s'est produit au Cameroun. Il n'en fallait pas plus pour que la gamine sanglote en s'écriant ne plus vouloir partir. La maman de Sophie la console en la prenant dans ses bras, tout en lui expliquant que dans certains pays les mesures de sécurité n'étaient pas les mêmes qu'en Europe et que cela était parfois dangereux. "L'avion qu'on  va prendre demain est fiable" ajoute-t-elle ", et ca reste toujours le moyen de transport le plus sur d'après les statistiques". Faites pareil avec votre enfant intérieur .... rassurez-le, en prenant le rôle du parent bienveillant pour quelques instants. Cet échange débloquera la situation et c'est en adulte raisonnable que vous agirez. Vous avancerez avec ce qu'il faut de prudence, sans vous limiter.

4. Le bonheur ne se mérite pas, il s'acquiert

Prenez un peu de recul, et réfléchissez. Qu'attendez-vous pour être heureux ? Qu'on vous donne le droit, l'autorisation ? Que le Dieu de votre religion vous octroi cet honneur ? Alors vous pouvez encore attendre longtemps, ou pas, c'est le sort, les aléas de la vie qui décideront pour vous. si ce que vous voulez, c'est être heureux, commencez par définir ce qui vous rend heureux, répondez à vos besoins, soyez attentif à votre corps et votre mental. Reprenez les rennes du carrosse, encodez la destination bonheur dans votre GPS interne car c'est bien comme ça que vous atteindrez la cible.

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site