La sociocratie ou dynamique participative

La sociocratie ou dynamique participative


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Un exemple de gestion participative au sein de la maison médicale du Laveu à Liège.

C'est quoi ?

La sociocratie est un mode de gouvernance et un ensemble d'outils qui favorisent la dynamique et la gestion participative au sein des organisations. Concrètement, elle tente de renforcer la participation et la responsabilisation de l'ensemble des travailleurs d'une organisation. Ceux-ci deviennent des acteurs à part entière en prenant part aux décisions qui les concernent et en assumant leurs responsabilités aux côtés de leurs supérieurs hiérarchiques, qui conservent leur rôle et leur mission, mais qui partagent désormais le pouvoir de décision.

La sociocratie propose des outils et des processus qui :

-        intègrent les besoins individuels et les besoins de l’organisation,

-        freinent les jeux de pouvoir et permettent d'imaginer des solutions « gagnant-gagnant »,

-        offrent un espace pour exprimer et gérer les tensions et les conflits entre travailleurs (tensions et conflits qui sont synonymes de vie).

 

Le terme « sociocratie » vient du latin « societas » (société) et du grec « kratos » (autorité). Dans les années 50, Gérard Endenburg suit les cours de Kees Boeke en Hollande qui utilise le terme « sociocratie » pour décrire un mode d’organisation basé sur l’équivalence des participants et la prise de décision par consensus.

Quelques années plus tard, Endenburg utilise à son tour le terme sociocratie pour désigner le mode d'organisation qu'il expérimente dans son entreprise familiale, Endenburg Elektrotechnik, toujours active actuellement (site consulté le 27 juillet 2012 :  http://www.endenburg.nl/endenburg-profiel.php?item=7).

L'idée centrale de l'ingénieur hollandais est de considérer les organisations comme des êtres vivants et de leur permettre de s'auto-organiser.

 

Pour qui ?

Pour les entreprises, associations, structures, organisations, équipes, groupes, familles... qui souhaitent adopter un mode de fonctionnement basé sur le respect mutuel, la confiance et la responsabilisation.

En Belgique, aujourd'hui, certaines structures expérimentent les outils sociocratiques (sans adopter le mode de gouvernance dans son ensemble) (par exemples : des écoles, des maisons médicales).

 

sociocratie2.jpgComment ?

La sociocratie repose sur 4 principes de base :

 

1. Le cercle sociocratique

Le cercle est l'équivalent d'une équipe, d'un secteur ou d'un service d'activités. Dans la plupart de nos organisations, une équipe de travailleurs est donc un cercle sociocratique potentiel.

Le cercle utilise l'élection sans candidat (voir plus loin) pour élire un animateur, un secrétaire et un second lien (voir plus loin) qui sont des mandats nécessaires à son bon fonctionnement. Le premier lien est choisi par la hiérarchie et généralement déjà en place.

Adopter la sociocratie comme mode de gouvernance ne modifie pas nécessairement la structure des organisations, elle est compatible avec une structure pyramidale et peut s'appuyer sur une hiérarchie « classique ».

 

2. Le double-lien

Le double lien désigne deux personnes du cercle : le premier lien (le responsable, désigné par la hiérarchie) et le second lien (élu par les membres du cercle par une élection sans candidat).

Le double lien a pour but de renforcer la communication et la confiance entre travailleurs à tous les niveaux de l'organisation. Dans une structure pyramidale, chaque cercle est représenté au niveau supérieur par le double lien. Le rôle du premier lien et du second lien est complémentaire, ils travaillent en étroite collaboration pour représenter « l'esprit » de leur cercle au niveau hiérarchique supérieur : le premier lien « descend » l’information ou les demandes du cercle supérieur vers le cercle auquel il appartient ; le second lien « remonte » les suggestions ou les problèmes du cercle vers le niveau supérieur.

« Un réel pouvoir repose non pas sur la capacité de contrôler mais sur celle de faire confiance » (Richard Barett, 2003, p.39).

 

3. Le consentement

Les décisions d'un cercle sont prises par consentement, et non par consensus. L'objectif est de renforcer l'implication de tous, de renforcer la bonne application des décisions, de partager la responsabilité et d'augmenter la créativité et la richesse dans la résolution de problème.

En sociocratie, il ne faut pas une unanimité pour prendre une décision, il faut qu'il n'y ait plus aucune objection raisonnable. Chaque objection raisonnable est considérée comme un atout à intégrer dans une décision. C'est grâce aux objections qu'une décision est bonifiée.

 

4. L'élection sans candidat (ou vote sociocratique)

La sociocratie propose un mode d'élection original, sans candidat. Comme son nom l'indique, personne ne se présente à ce genre d'élection, ce sont les membres du cercle qui désignent la personne la plus compétente à leurs yeux pour prendre en charge un mandat déterminé.

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