Je vis dans le passé ....

Je vis dans le passé ....

vivre-instant-present.jpgVivre pleinement le présent n'est pas toujours facile. Aussi cette incapacité empêche l'individu de développer son potentiel et d'avancer dans la vie sereinement. Voyons de plus près ce mécanisme d'attachement au passé.

Feuilleter des albums photo familiaux, écouter de la musique qu'on aimait à une certaine période de notre vie, évoquer des souvenirs d'étudiant, se remémorer ses amours passées; ce sont autant de moyens de prendre conscience de ce que l'on a été et de ce que l'on est devenu.

Qu'il soit heureux ou malheureux, notre passé est toujours un espace dans lequel on se reconnait, une forme de jardin secret réconfortant.

Se référer ainsi, de temps en temps, au passé permet de se positionner dans le présent et de gérer le futur. Cependant, il faut prendre garde à ne pas s'y accrocher trop souvent ou trop longtemps car alors le passé devient un marécage de sable mouvant où vous pouvez facilement vous enliser, amputant votre personnalité d'un potentiel à développer.

 

Mais pour quelles raisons restons-nous accrochés à notre passé ?

1. Refus des émotions

Pour accepter de vivre le présent, il faut préalablement accepter de faire le deuil de son passé. En effet, à chaque jour, c'est une nouvelle page qui s'écrit et ce qui était écrit sur les pages précédentes fait désormais partie du passé, plus rien ne changera ce qu'il s'y est passé. Et comme pour n'importe quel autre deuil, on va traverser 4 phases:deuil1.jpg

- le déni qui se traduira par le refus de croire que ce qui a été ne sera plus ....

- la colère qui nous pousse à s'en prendre au temps qui passe

- la peur qui survient et nous trouble avec des questions du genre "que va-t-il se passer maintenant ?"

- l'acceptation quand enfin vient le renoncement à s'accrocher au passé.

Pour passer à la suivante, chaque étape doit apparaitre et être gérée par la personne. Sans quoi, elle ne peut passer à la phase suivante. Or, on remarque chez certaines personnes, qu'il se produit un blocage lors d'une étape. En creusant un peu dans l'enfance et le système éducatif de l'individu, on trouve souvent des schémas d'éducation qui conduisent systématiquement à un blocage émotionnel.

Par exemple, un petit garçon a qui on aurait expliqué que "les hommes ne pleuraient pas, n'avait pas peur, ..." . Le blocage aura lieu dans la phase de peur où le garçon devenu adulte risque d'enfuir cette émotion (qu'on lui a interdit durant l'enfance) d'où il ne peut réaliser complètement son deuil du passé. On rencontre alors des problèmes de comportements à l'âge adulte, du style: surestime de soi, déception lors de certaines expériences de vie car risques peu mesurés, difficulté d'anticipation, ....

Tout le monde n'a pas reçu le même apprentissage face aux émotions. Dès lors, il n'y a rien d'étonnant à retrouver une si grande partie de la population qui ne les gèrent pas. C'est à dire, les personnes à qui on n'a pas appris à accepter et à exprimer leurs ressentis. Le résultat est visible tout autour de nous. Combien de personnes connaissez-vous qui restent bloquées sur au moins une émotion (colère, tristesse, ...) et qui sont incapables de la dépasser ?

2. Refus de la séparation

Vivre dans le passé peut aussi s'interpréter comme une impossibilité à rompre, à quitter ce qui a été important pour nous. Les psychanalystes renverront au premier deuil auquel nous sommes tous confrontés, celui de la séparation d'avec notre mère. Quand ce détachement n'a pas pu être assimilé correctement par l'enfant, soit parcequ'il a été trop brutal, soit parce qu'il ne s'est jamais fait,  on est tenté de se raccrocher à une relation fusionnelle du passé (souvent celle avec la mère mais pas systématiquement).

L'absence du père, symbolique ou réelle, aura alors un impact considérable sur la vie de l'enfant. Car sans cette intervention du père qui vient briser le lien fusionnel enfant/mère, l'enfant ne peut se tourner vers le monde, donc vers son futur et il reste indéfiniment attaché au passé. Dès lors que l'enfant deviendra adulte, il continuera de ressentir que la "vie d'avant" était bien mieux.

touche-supprimer-mac.jpg3. Refus d'oublier

Pour d'autres, vivre dans le passé, c'est une manière de ne pas oublier. En effet, si une expérience n'est pas "digérée", si l'on n'en fait pas son deuil, il a de forte chance que le passé vous ramène sur ses chemins vous empêchant d'avancer, de construire un futur.

Il y a bien une notion de fin dans le fait de tourner la page sur son passé et cette idée nous renvoi inévitablement, même si c'est inconscient, à notre propre fin, notre mort. C'est ce qui rend le travail de deuil si difficile.

Et c'est encore plus juste pour une personne qui est confronté à la perte d'un être cher, dont il ne peut faire le deuil. Bien souvent, c'est par peur de l'oublier, de l'effacer. On se sent alors investi d'un devoir de mémoire intense, sans quoi la culpabilité nous ronge. Ce mécanisme nous retient dans le passé et nous empêche de vivre sereinement le présent, la construction d'un futur dans la joie et l'harmonie devient inconcevable.

 

Quelques pistes pour tourner la page du passé

1. Carpe Diem

Pour vivre ici et maintenant, il faut s'inscrire entièrement dans cette façon de vivre. Une des choses les plus importantes est la reconnexion avec soi. Avant de pouvoir exprimer ses émotions, il faut pouvoir les accepter, les ressentir et cela demande d'être à l'écoute de son corps. Reprendre contact avec soi peut passer par différente méthodes: méditation, pratique de la marche, exercices de relaxation, yoga, contrôle de la respiration, éveil des sens, ....

Toutes ses activités vont permettront de vous réapproprier votre corps et de prendre pleine conscience de votre existence.

2. Estime de soi

Une bonne estime de soi c'est  se respecter, s'aimer, s'affirmer, gérer ses émotions, gérer les conflits, respecter l'autre, vivre en harmonie avec son environnement, positiver, communiquer dans le respect et la bienveillance, ....

Il va de soi que meilleure est votre estime de vous, plus facilement vous ferez le deuil de votre passé, plus vite vous comprendrez l'intérêt de vivre au présent et de construire son futur.

Ici encore, il s'agit d'un concept, d'un art de vie qui s'adaptera à chaque personne. Pour en savoir plus sur l'estime de soi, cliquez ICI

3. Gérez vos peurs

Quand elle surgit, la peur nous glace le sang et plus l'effet de surprise est important, plus les conséquences physiques de la peur se marqueront.

Aussi, il vous est possible d'anticiper vos peurs en établissant une liste et en y détaillant vos réactions et comportements sous le coup de l'émotion.

Avec le recul et sans la pression de l'émotion, envisagez une autre interprétation, plus raisonnable et vous verrez la différence de réaction et de comportement.

Biensur, il n'est ni possible, ni bon de vouloir tout anticiper et à tout prix. Pensez toujours à rester à l'écart des extrêmes, le juste milieu, le votre sera d'autant plus efficace.

4. Détachez-vous des liens du passé par la visualisation mentale

Dans certaines situations, nous nous rendons compte que nous avons idéaliser une partie de notre passé. Nous avons donné trop d'importance, trop de poids à certaines personnes ou à certains événements. Au cours d'une séance de relaxation, replongez vous dans cette situation et atténuez l'impact du passé dans votre vie actuelle en changeant certains paramètres. Par exemples, dans votre visualisation mentale, observez les personnes ou les situations à rééquilibrer et modifiez la taille (plus petite), la couleur (moins intense ou en noir et blanc), la netteté (plus floue), ....

Ensuite revisitez vos expériences du passé avec détachement, sans l'idéaliser, en tenant compte des nouveaux paramètres.

Vous aurez ainsi inscrit et dicté à votre inconscient de tourner la page avec votre passé pour faire permettre d'avancer sur vos chemins futurs.

Plus d'info sur les visualisations mentales, ICI

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