J'ai peur des insectes

L'araignée est sournoise, l'abeille dangereuse et le cafard répugnant ...

Si certains ont appris à vivre avec, d'autres frémissent à l'idée d'une abeille, d'une araignée ou pire d'un cafard.coleoptera.jpg

Il faut avouer que ces petites bêtes ont très souvent mauvaise réputation. Ca grouille, ça rampe, ça bourdonne à l'oreille, sans parler des insectes qui vous piquent ou vous mordent. C'est un monde miniature, mais qui fait peur.

Et si en plus, ces bébêtes ont beau être minuscules, pour la plupart, elles agissent sans scrupule, de jour comme de nuit, dans chaque recoin, même sous la couette.

Essayons de comprendre pourquoi nous éprouvons parfois une peur viscérale ou un dégout profond pour des animaux qui nous sont plus utiles que nuisibles. 

Des peurs ancestrales

Pour certains psycho-évolutionnistes, la mémoire collective imprime dans l'inconscient de chaque individu les menaces qui ont constitué un danger au cours de l'évolution de l'Homme. Nos ancêtres ont du lutter contre les insectes pour survivre. Certaines piqures ou morsures étaient mortelles à une époque. Et même, si aujourd'hui, c'est plus rarement le cas, nous avons gardé un degré d'alerte élevé face aux insectes: un reliquat de notre évolution.

Les bêtes rampantes sont, quant à elles, associées à la saleté, à la contamination de l'eau et de la nourriture et donc à la maladie. Ce qui expliquent qu'elles suscitent autant de dégout.

insecte.jpgAu fur et à mesure, les peurs ancestrales ont pris place dans l'imaginaire collectif et nous avons souvent associés les insectes à des images ou des expressions négatives.

Pour renforcer les peurs, on mettra systématiquement des araignées dans les maisons hantées, les grandes productions au cinéma nous montrent des abeilles tueuses, on utilise des expressions comme avoir le cafard ou le bourdon.

Un monde inconnu

Les insectes appartiennent au monde du minuscule, un monde auquel, nous humains, n'avons pas accès. L'inconnu dérange, fait peur.

Une part de notre peur s'explique par une réaction instinctive de survie. Notre système interne détecte l'animal, le considère comme un danger potentiel et déclenche donc le système d'alarme qui se manifeste souvent sous forme de peur.

Nous savons tous que l'abeille peut piquer et qu'elle constitue donc un danger; résultat, on s'en écarte.

De plus, tout ce petit monde fonctionne avec des mouvements imprévisibles:  nous avons peur d'être attaqué par surprise.

Une transmission familialepoupee-russe.jpg

Si la mémoire collective donne une part d'explication, elle ne peut tout expliquer. Tout le monde ne développe pas le même degré de peur ou d'aversion pour les insectes. Il y a donc aussi un autre facteur qui intervient: l'éducation et le vécu de chacun.

En effet, on remarquera qu'un enfant est curieux de nature. Il explore et découvre librement le monde qui l'entoure, sans préjugés, jusqu'au moment où un adulte le freine avec sa propre peur.

Pour d'autres, c'est une expérience marquante, une rencontre avec les insectes qui tourne mal et finit par s'inscrire profondément comme une menace tenace.

Et par la suite, on remarque aussi que l'estime de soi influence ce genre de peur. Il est facile de comprendre que lorsqu'on est peu sur de soi, on considère rapidement le monde extérieur comme menaçant.

Quelques pistes pour évoluer.

Apprivoisez vos peurs. Les peurs se nourrissent de votre méconnaissance du monde des insectes. En résumé, plus vous connaitrez l'objet de vos peurs, moins vous les craindrez. Ne laissez pas place au fantasme, rationnalisez vos peurs. Documentez-vous, regardez des reportages, consultez des articles, vous verrez rapidement que certaines de ces bébêtes nous sont très utiles et que d'autres, présentées au cinéma comme d'incroyables prédateurs, ne sont en réalité que des insectes inoffensifs.

Self-control. Comprenez que vous êtes le seul maître dans votre mental. Vous avez toujours le choix. Celui que vous ferez déterminera si vous contrôlerez la situation ou si l'émotion transformera votre simple peur en crise d'hystérie ou en phobie. La fuite augmente toujours la peur et vous entraine dans un cercle vicieux.Quand une rencontre dérangeante avec un insecte survient, respirez profondément tout en expirant longuement. Evaluez le danger potentiel réel. Posez-vous la question: qui est réellement le plus fort? Qui est une réelle menace pour l'autre? La toute petite bête qui s'échappe au moindre souffle ou vous, armé de destructeur d'insectes en tout genre ?

Stop au film. Evitez le piège des films qui pourraient provenir de l'imaginaire collectif. Prendre un peu de recul ouvre souvent les yeux sur une toute autre réalité du monde.

Osez en parler avec l'entourage. On a tous nos peurs et nos aversions. Si dans votre entourage, vous avez des amis des bêtes qui hurlent au scandale quand on veut tuer une araignée, préférant la remettre dans la nature, c'est le moment de vous en rapprocher. Au lieu de cultiver vos différences chacun dans votre coin, profitez d'une remise en liberté octroyée à un insecte pour observer et reprogrammer votre cerveau. Il n'y a pas que votre conception de la relation humain/insecte, d'autres personnes s'en accommodent très bien. Un peu de mimétisme serait un bon exercice.

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